Perdez vous dans les ruelles médiévales

La Porte d'Amont ou Porte Nord

 

Une enceinte, bien conservée, protégeait le bourg. Jusqu'au XIXe siècle, on pénétrait dans le village par deux portes principales. La première, au nord, était la porte d'Amont ; au sud-est, la porte de la Fontaine aujourd'hui disparue, conduisait au seul point d'eau situé à l'extérieur des remparts où s'approvisionnèrent les habitants du village jusqu'en 1855.

 

 

 

 

L'église romane Saint-Michel

 

Jusqu'en 1540, l’église dépendait de l'abbaye bénédictine Saint-Philibert de Tournus en Bourgogne, tout comme les quatre églises médiévales du Val des Nymphes.

L'édifice actuel est daté de la seconde moitié du XIIe siècle. D'importants travaux de restauration eurent lieu en 1849-1850 grâce à l'intervention de Prosper Mérimée. Le deuxième étage et la pyramide du clocher ont été élevés à cette époque.

Cette église se rattache à l'art roman provençal, caractérisé par une inspiration antique et par une sobriété de la décoration. Son originalité tient à l'existence de deux absides opposées, survivance dans la vallée du Rhône du modèle carolingien.

La chapelle nord abrite une Vierge à l'Enfant, une statue romane en bois polychrome datée du XIIe siècle.

 

 

 

La chapelle des Pénitents

 

Elle a été aménagée en 1630 pour la Confrérie des Pénitents dans des maisons particulières qui ont

elles-mêmes succedées à un bâtiment seigneurial.

Le mur occidental a conservé une remarquable fenêtre géminée du XIIe siècle, très ostentatoire,  qui appartenait à une aula, pièce de prestige.

A l’intérieur de la chapelle, une fresque, peinte sur le mur du fond, peut-être à la fin du XVIIIe siècle, représente deux pénitents agenouillés, revêtus de leur sac et de leur cagoule. Les membres de cette confrérie catholique, laïcs mariés ou célibataires, paysans, artisans ou notables, étaient des habitants du village. La chapelle, restaurée, est aujourd'hui un lieu d'animation et d'expositions.

 

 

 

 

 

L'habitat

 

Le visiteur se plaira à parcourir les ruelles étroites et à découvrir l'habitat ancien. Les maisons, en pierre calcaire locale, autrefois enduites, essentiellement paysannes, étaient de taille modeste et se développaient en hauteur. Au rez-de-chaussée, se trouvaient la cave et les abris pour le petit bétail. On accédait le plus souvent à la pièce unique de l'étage par un escalier extérieur. Au dessus, le grenier servait de réserve.

Les maisons ont été, au fil du temps, fortement remaniées. Ce sont les encadrements des portes ou des fenêtres qui permettent de repérer les différentes périodes de construction.

 

Deux  belles bâtisses proches de l'église

 

 

Une maison à arcades regroupe deux maisons-tours romanes des XIIe-XIIIe siècles  restructurées à la fin du XVIe siècle. La belle loggia en brique date du XIXe siècle.

 

 

Le vaste bâtiment adossé au rempart intérieur a été édifié dans le dernier tiers du XVIe siècle par Étienne Deodel, évêque de Grasse et abbé de Cruas, neveu du seigneur Antoine Escalin. Cette bâtisse comporte une tour d'angle décorée de fenêtres dont l'une à demi-croisée et une belle porte à bossages renaissance. Elle est restée longtemps inachevée. Le bel ordonnancement de la façade méridionale date du début du XIXe siècle.

 

Place Georges Perriod

 

Au coeur du villlage, une place où il fait bon se promener et se reposer.

Cette place a été aménagée dans les années 1970-1980 par la commune en dégageant les ruines de maisons abandonnées.

Elle a fait construire deux bâtiments à usage commerciaux : l'épicerie et le café-restaurant.

A la sortie du village et vers le Val des Nymphes

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LAVOIR   Au carrefour, en direction de Valaurie sur la route du Val des Nymphes se situe à gauche de la chaussée un bassin au débouché d’une source et à droite de la route le beau lavoir fermé sur trois côtés.

 

 

Le Val des Nymphes

 

A 2 km, le Val des Nymphes, îlot de fraîcheur, imprégné de mystères, n'a jamais cessé de fasciner. Déjà aux temps anciens, on venait invoquer les Nymphes, célébrer le culte de la fécondité et de la prospérité.

Le visiteur ne doit pas se laisser tromper par la solitude et l'environnement de la chapelle romane qui subsiste. Depuis le Haut Moyen Age jusqu'au XIIIe siècle, un important habitat ainsi que quatre églises occupaient ce site. Cette chapelle romane priorale, dépendant de l'abbaye de Tournus, aurait été édifiée au milieu du XIIe siècle. Sa construction fut très influencée par les modèles antiques. L'abside présente une décoration exceptionnelle de deux étages d'arcatures. La façade occidentale, d'une disposition unique est composée à l'étage inférieur d'un petit appareil très dépouillé encadrant le porche et ses voussures tandis que l'étage supérieur, entièrement en pierre de taille, porte un décor antiquisant de trois arcatures entourant un oculus central. Des arcs-boutants furent rajoutés ultérieurement de chaque côté de la façade. Tombée en ruine au XIXe siècle, elle a été restaurée en 1991.

 

 

Antiquité Gallo-Romaine

La Via Agrippa d'Arles à Lyon, aménagée un siècle avant JC, emprunte un axe de circulation plus ancien longeant le Rhône, et passe en contrebas du village. Son tracé correspond à la D458.

Mais une autre particularité mérite d'être signalée, que l'on peut voir près du Val des Nymphes et sur les plateaux couverts de garrigues qui l'entourent : les "Cuves Lapidaires".


Des rues aux noms évocateurs 


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 L’ERMITAGE du VAL DES NYMPHES 

 

 

L’ERMITAGE du VAL DES NYMPHES 

 

A 2 km du bourg de LA GARDE-ADHÉMAR

 

 Le petit édifice au fond du vallon du Val des Nymphes, sous une falaise, à 50 mètres à l'est de l'église priorale Notre-Dame, intrigue toujours les visiteurs qui l'identifient à une chapelle en raison de la présence d'une croix au-dessus de l'entrée et d'un autel à l'intérieur. Cette utilisation en chapelle ne date que de 1945.

 

Un bâtiment  mystérieux au Val des Nymphes

A l'extérieur, le parement rustique du bâtiment est constitué de gros blocs calcaires taillés seulement sur leurs côtés, disposés régulièrement, conservant sur leur face un aspect ruiniforme et rupestre. L'édifice semble aujourd'hui se fondre dans la falaise et la végétation. Il semblerait que dès l’origine, il n'y eut pas de toit ce qui permit de faire pousser de la végétation en son sommet.

 

C'est à l'intérieur que l’intérêt du bâtiment se révèle pleinement : le voûtement est en arc de cloître avec une grande maîtrise de la stéréotomie (science d'une taille complexe de la pierre en plusieurs dimensions). Il s'agit d'un travail d'une exceptionnelle qualité comme on en réalise aux XVIIe et XVIIIe siècles.

Ce bâtiment a été identifié en 2006 par Olivier Naviglio, architecte en chef des Monuments Historiques de Lyon et par les différents services du Ministère de la Culture, comme une « fabrique de jardin » ou « ermitage », petit édifice que l'aristocratie et les riches bourgeois de

l'époque se faisaient construire, souvent en style rocailleux, au fond de leur parc pour se reposer, converser, s

restaurer au retour de la promenade, de la chasse ou de la visite de leurs domaines. Ce modèle se rencontre à Versailles et dans de nombreux parcs de châteaux en France.

 

Quel est le commanditaire de cette construction ?

Depuis le milieu du XVIe siècle, la chapelle romane Notre-Dame et ses abords sont intégrés dans un domaine seigneurial (domaine de Magne). Pourtant des parcelles voisines sont restées des propriétés roturières jusqu’à leur vente au seigneur à la fin du XVIIe siècle. Le terrain, sur lequel s’élève l’ermitage, désigné comme « terre et bois herme » a été acheté par le seigneur Antoine Escalin des Eymars le 10 décembre 1678 (acte notarié, mention au cadastre de 1678 et inventaire des papiers du seigneur après sa mort). Dans les actes notariés ou cadastres précédents, pas plus qu’en 1678, aucun bâtiment n’y est mentionné. Antoine Escalin continue d’acquérir d’autres parcelles voisines dans les années suivantes en vue de procéder à des réaménagements de chemins et à l’exploitation de sources pour irriguer les prés et jardins proches de la chapelle Notre-Dame. Ainsi, la route actuelle a été déportée au-dessus du chemin ancien qui fut intégré avec les sources dans la propriété seigneuriale, comme le montre bien l'extrait de plan cadstral de 1810 ci-joint.

Antoine Escalin des Eymars, seigneur marquis de la Garde-Adhémar de 1670 à 1713 est le dernier représentant de la famille des Escalin des Eymars de La Garde. Décédé célibataire, il est le dernier seigneur à résider en permanence au château de La Garde. Par sa mère, Jeanne Castellane-Adhémar, il est affilié à la famille des comtes de Grignan. Il eut une carrière militaire, entre 1649 et 1671, sous Louis XIV. Il effectua donc de nombreux séjours à Versailles et fréquenta les salons parisiens où il rencontra Mme de Sévigné dont il devint un grand ami et Mme d'Huxelles. Nicolas Chorier dans son Estat politique de la Province du Dauphiné (1671) le définit comme « l'un des gentils-hommes des plus vertueux et des mieux faits qui soient sortis de cette Province ». Il était très lié à ses cousins grignanais et se rendait souvent dans leur château. Il fit de Pauline de Simiane, petite-fille de Mme de Sévigné et sa petite nièce, son héritière.

Après 1713, les propriétaires de la seigneurie de La Garde-Adhémar, Pauline de Simiane (de 1713 à 1737), puis les Castellane-Esparron (de 1737 à 1771) et les Vence (de 1771 à 1784) ne résident pas à La Garde-Adhémar et gèrent de loin leurs biens, attachés qu'ils sont avant tout aux revenus. En juillet 1784, cette seigneurie est achetée par Joseph Hugues, riche négociant marseillais pour son fils Joseph, intéressé par la mise en application des nouvelles techniques agricoles. Le bail de fermage de mai 1785 prévoit certes que le seigneur réalisera au Val des Nymphes des aménagements et « ouvrages d’agrément » mais il précise « dans les environs de la ferme, des sources, de la chapelle de Notre-Dame des Nimphes, de l’hermitage dans les bois ». L’ermitage est donc déjà construit en mai 1785 et n'a pu l'être par les Hugues depuis leur arrivée effective et la réception officielle du 19 mars 1785.

L'hypothèse la plus vraisemblable pour la construction de ce bâtiment rustique se situe entre 1690 et 1713. Antoine Escalin, après sa carrière militaire est très présent à La Garde-Adhémar et attentif à ses domaines. Au moment des réaménagements du Val des Nymphes et du Val de Magne, il a pu faire construire cet ermitage isolé, loin du village, à l'image de ce qui se pratiquait dans les parcs de la noblesse.

 

Quel architecte ?

La qualité du bâti de cet ermitage révèle que ce n'est pas totalement le travail d'un simple maçon du village. Deux hypothèses sont envisageables.

Est connu à La Garde-Adhémar, Florent Loiseleur qui travailla d'abord à l'aile dite « des Prélats » du château de Grignan en 1684 -1686. Il est en affaire en 1685 avec M. de La Garde et M. de Carcassonne, un des prélats, séjournant parfois à La Garde. Il est mentionné comme « tailleur de pierre et entrepreneur de bastiment » pour des travaux en 1687 commandés par la communauté de La Garde-Adhémar et en 1690 pour la réalisation de la sacristie de l'église Saint-Michel. Son fils Joseph Loiselleur (1670 ?-1720), lui aussi « entrepreneur de bastiment » installé à la Garde, acheteur de terres et d'une maison, est mentionné dans l'acte de décès de sa fille en 1700 comme « maistre ingénieur ». Aucun autre document rapprochant

M. de La Garde et les Loiseleur n'a encore été trouvé.

On sait aussi qu'Antoine Escalin paya une forte somme en 1710 pour des travaux non identifiés à Jean Guille (+1714). « Ingénieur du roi et de la ville de Paris », il travailla pour les Conti seigneurs de Pierrelatte ainsi que pour l'abbaye d'Aiguebelle en 1707-1708 avec Antoine Carmen et Joseph Ceytre maçons à La Garde. 

L'hypothèse d'un travail des Franque, François ou son fils Jean-Baptiste, semble à exclure.

 

Un oratoire en 1945

La transformation du bâtiment en oratoire ne date que de 1945. En 1944, Mgr Pic, évêque de la Drôme, à 

l'approche de la Libération et des drames prévisibles, demande aux fidèles « de placer leurs personnes et leurs 

biens sous la garde de la Vierge Marie... et [les invite] à ériger un sanctuaire ou une statue de la Vierge ». Le 15 août 1944, au cours de la messe, l'abbé Girard, curé de La Garde, et les paroissiens s'engagent à réaliserce vœu. L'abbé Girard qui a déjà fait installer en 1942 une statue de la Vierge à l'Enfant, toujours présente surle plateau des Montjars, envisage de transformer, avec l'accord du propriétaire d'alors, le petit bâtiment au 

fond du Val des Nymphes en oratoire dédié à la Vierge Marie. Un autel est construit et une statue en pierre  de la Vierge est fixée au-dessus. L'oratoire est inauguré le 25 août 1945. L'abbé Girard institue une messe annuelle début septembre pour fêter la Nativité de la Vierge. Elle se déroule en plein air car le nouvel oratoire est trop petit et la chapelle romane Notre- Dame, alors en ruine, dépourvue de toit, encombrée de matériaux  et de végétation est impropre au culte.  

L'inter-paroisse conserve encore actuellement la tradition créée par l'abbé Girard d'une messe annuelle aujourd'hui début août au Val des Nymphes. La statue de l'oratoire a été vandalisée et a disparu depuis longtemps. Le vœu de 1944 est actuellement méconnu de la plupart des Lagardiens.

 

Cette « fabrique de jardin » de facture classique n'est-elle pas représentative de la fusion recherchée entre patrimoine naturel et patrimoine architectural ? Elle contribue aux mystères du Val des Nymphes.

 

Bernard et Françoise HERNANDEZ

Septembre 2014

LA CHAPELLE SAINTE ANNE

 

 

Chapelle Sainte Anne  

 

chapelle actuellement entourée par le lotissement des Montjars.

 

Cette chapelle a pour titulaire sainte Anne. Elle a été édifiée au XVIIe siècle à la suite de vœux de Lagardiens. Nous connaissons la date de sa première mention dans un testament d'un habitant du village : 1653.

 

Dans la France de cette époque, le culte de sainte Anne se développe. De nombreuses chapelles rurales sont alors construites et peuvent faire l'objet de pèlerinages lors de la fête de cette sainte, mère de Marie.

La chapelle lagardienne n'est pas classée comme monument historique, mais elle est régulièrement entretenue par la commune comme bien de celle-ci.

 

Quand il y avait un curé dans le village, une messe était dite une fois par an le 26 juillet.